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17 janvier 2015 6 17 /01 /janvier /2015 18:53

A la fin de l'année 2014, Charlie Hebdo tirait à 60000 exemplaires, qui ne trouvaient pas tous leurs lecteurs. Contrairement au tout nouveau storytelling, le journal satyrique n'était pas abandonné de tous: il avait perdu des lecteurs "frondeurs" suite à de pitoyables divisions et peinait à en trouver de nouveaux... Mais il restait davantage cité dans les médias que les autres journaux satyriques, sauf le Canard Enchaîné.

Il continuait à hérisser le poil de millions de têtes de turcs: les curés, les rabbins et les imams on le saura, mais aussi les rappeurs, les journaux gratuits et leurs lecteurs, les beaufs, les "antisionistes", les pro-corrida, les fans de Johnny & Sardou, Edward Snowden et toutes les cibles de la rubrique "Charb n'aime pas les gens"...

Du 7 au 11 janvier, plusieurs millions de manifestants - selon la police! - ont marché dans les villes françaises au nom du slogan, "Je suis Charlie". La semaine suivante, 7 millions d'exemplaires du Charlie d'après ont été imprimés et seront vendus, et pour une partie d'entre eux, lus.

La plupart des manifestants et des lecteurs du numéro où "tout est pardonné" connaissait la couverture au dessin de une monochrome mais avait rarement ouvert le journal.

Face à l'horreur, nous avons manifesté pour proclamer la liberté d'expression, et à partir du vendredi, pour affirmer notre soutien aux autres victimes choisies par les terroristes.

Des Charlie du lendemain aux Charlie d'hier

Dans un même temps, 200 incidents ont été répertoriés dans les collèges ou les lycées, de la part de jeunes Français refusant "d'être Charlie", méconnaissant les valeurs de la République - sauf leur liberté d'expression tout de même!

Mais sommes-nous bien sûrs que tous les marcheurs du beau 11 janvier "sont Charlie"?

Il ne s'agit pas ici de tancer les réticences que chacun a pu avoir face à tel dessin ou tel passage de Charlie. La rédaction passait du temps à s'engueuler, pas au point de se fâcher, mais avec de vrais désaccords. Ainsi va la gauche.

Je crois même aux vertus éducatives de cette grande expérience collective. Pas plus que France 98, mais quand même.

Par contre, je ne pensais pas que tant de décideurs avaient la maladie d'Alzheimer, qui atteint d'abord la mémoire immédiate.

Un petit panorama...

Parmi les invités de François Hollande, Macky Sall s'explique. D'autres ne prennent pas cette peine et agissent plus cyniquement, tels - ô surprise - les régimes de Poutine ou de Erdogan. Ne désespérons pas: John Kerry arrive en retard, il est encore Charlie!

Des Alzheimer de la liberté d'expression, il y en a en France aussi: France Télévision coupe un appel à la fraternité d'Elsa Wolinski qui mentionne une formation politique ennemie de longue date de Charlie; JCDecaux censure une affiche de Patrick Timsit. Dans Vélib', il y a "Lib'", non?

Un maire défait et refait le programme du ciné à Villiers-sur-Marne.

En 1944, la Libération avait fait sortir de l'ombre les "Résistants du lendemain". Le lendemain des marches du 11 janvier 2015, certains ne sont déjà plus que des "Charlie d'hier".

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